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  • gwendoline respinger

L’ikigai, une philosophie  « fondée sur la célébration de la diversité de la vie »

Une rencontre pleine de sens

La rencontre avec Jika est l’aboutissement d’une succession de coïncidences… Un ami perdu de vue me relate sa visite dans une galerie « habitée » par un artiste au coup de crayon singulier, qui exerce ses talents pour « rappeler à chacun.e les dieux qui sont en eux ». Je découvre en mai 2020, exposés dans une rue de la Rochelle, les très grands formats extraits de Carnet de Visage, livre d’art qui rassemble 140 portraits sur lesquels Jika travaille : il en a réalisés 500 depuis 10 ans. La densité du trait, les regards, sont marquants… Ces regards sont impressionnants, presque trop grands tellement leur expression est intense.

La galerie accueille 20 portraits, 20 gravures sur bois pressées sur un papier pur coton, 20 visages qui célèbrent la diversité de La Terre : Equateur, Afrique, Europe, Etats-Unis, la rue, ou encore les plateaux de cinéma où il rencontre ses « passants d’exception ».

Le premier portrait, il le dessine en Equateur, sur un tournage. Une femme, Tamia, avec son bébé fait de la figuration. « Elle a un regard électrisant comme un coup de tonnerre. J’ai soudainement un enjeu avec cette femme… c’est la première fois que je n’ai pas la main qui tremble... » Tamia, semble poser pour lui. Jika est alors confronté à une forme d’évidence : avec ses portraits, il capte l’essence des gens, leur restitue, et la restitue au monde. Ce don vient d’une longue pratique… L’homme est un voyageur, un citoyen du monde solidement ancré en Corse, un artiste complet. Le dessin est son moyen d’expression privilégié depuis l’enfance : « dans le dessin, je traverse une galaxie, je vais tellement loin »… Il explore la possibilité de créer un monde qui bouge, qui vit, un monde coloré, s’appuyant sur un large éventail de croyances ; j’en ai conservé une à l’esprit : « tout nous est donné en quantité limitée et en quantité suffisante ».


Dans la galerie où il accueille chaque visiteur, embrasse chaque rencontre, Jika crée. Il enlumine à la main le 300ème exemplaire de Carnet de Visage, un exemplaire unique. Je l’observe, apprécie l’attention avec laquelle il manie les couleurs pour souligner et restituer l’énergie qui émane du portrait dont il est l’auteur : le geste est lent, précis sans hésitation, il porte une intention. L’artiste progresse par petite touche et regarde, avec ce que je perçois être une forme de curiosité, l’alliance entre la couleur, l’encre de chine et le papier. Je plonge dans l’exposition ; chaque portrait est tellement plein que j’ai besoin de temps pour intégrer tous les détails.


Alors pourquoi tenter ce « portrait » incomplet et forcément restrictif ?…

En le regardant achever l’enluminure de son 300ème Carnet de Visage, j’ai l’intuition que Carnet de Visage constitue pour Jika son ikigai, et il confirme.

Selon Ken Mogi, neuroscientifique japonais, « avoir un sens de l’ikigai suggère un état d’esprit permettant de se sentir capable de construire une vie lumineuse et active. C’est comme un baromètre qui reflète la façon dont une personne voit la vie d’une manière intégrée et représentative. Et s’il est vrai que l’ikigai peut mener au succès et à la renommée, l’un et l’autre ne sont pas des prérequis pour avoir l’ikigai.


ikigai : 生き甲斐 « ce qui vaut la peine d’être vécu »

La littérature sur le sujet est pléthorique depuis la conférence TED intitulée « comment vivre plus de 100 ans » : livres, articles de blog, formation, offre de coaching… L’engouement a contribué à la création d’une version occidentale de l’ikigai, une approche qui vise nos rôles professionnels : accompagner tout être humain en quête de sens dans sa carrière !

Beaucoup a déjà été dit, alors pourquoi écrire encore ? Pour la poésie, pour élargir l’horizon, pour partager un prisme différent de certaines valeurs d’une société matérialiste, distanciée de son essence. Au-delà de la littérature professionnelle étudiée et décortiquée, rencontrer Jikam’a aidée à élaborer une représentation concrète de l’esprit de l’ikigai, et intégrer cette philosophie de vie en Occident


Vivre son ikigai, comment ?

Dans son « Petit livre sur l’ikigai », K. Mogi explique le socle de l’ikigai ; il repose sur 5 piliers :

  1. commencer petit,

  2. se libérer soi-même,

  3. harmonie et durabilité,

  4. la joie des pencontre avec Jika est l’aboutissement d’une succession de coïncidences… Un ami perdu de vue me relate sa visite dans une galerie « habitée » par un artiste au coup de crayon singulier, qui exerce ses talents pour « rappeler à chacun.e les dieux qui sont en eux ». Je découvre, exposés dans une rue de la Rochelle, les très grands formats extraits de Carnet de Visage, livre d’art qui rassemble 140 portraits sur lesquels Jika travaille : il en a réalisés 500 depuis 10 ans. La densité du trait, les regards, sont marquants… Ces regards sont impressionnants, presque trop grands tellement leur expression est intense.

Il le décrit comme un « genre de noyau cognitif et comportemental autour duquel diverses habitudes de vie et système de valeurs s’organisent », ce qui présuppose qu’il appartient plus au royaume du faire que de l’avoir ou même de l’être.

Le premier pilier de l’ikigai est lié au kodawari. Souvent traduit par « détermination », « le kodawari est un niveau d’exigence personnelle auquel l’individu adhère de façon immuable, ce qui l’amène à faire extrêmement attention à tous les petits détails sans sefocaliser sur des plans grandioses. « Une des facettes du kodawari est le fait que les gens suivent leurs propres objectifs au-delà des espérances raisonnables et des tendances du marché ». En observant Jika enluminer le 300ème exemplaire de Carnet de Visage, je perçois son kodawari en action. Est-ce qu’aujourd’hui, enluminer manuellement un livre d’art page après page à l’aquarelle ne peut pas être décrit comme la folie créative propre au kodawari ?

Le second piler conduit K. Mogi à expliquer la notion de flow*, l’état où nous sommes si fortement absorbés par une tâche que rien d’autre n’a d’importance. Seule la tâche compte !! Jikaen parle : « lorsque je portraitise, je m’oublie et disparais, je ne suis plus qu’un satellite qui reçoit les vibrations et les retransmet – semblable aux aiguilles d’un appareil sismographique. » La création du portrait, la tâche devient une fin en soi et présuppose une aptitude à « être ici et maintenant » tel l’enfant pour qui seul compte l’instant, l’exploration des plaisirs sensoriels, auditifs, visuels ou kinesthésiques générés par l’accomplissement de la tâche.

Sur le 3eme pilier, Ken Mogi écrit « Vivre en harmonie avec les autres et son environnement est un élément essentiel de l’ikigai. » Ces deux dimensions sont présentes dans l’œuvre de Jika : « choisir le portrait, c’est m’intéresser, honorer les autres, leur rappeler la beauté, la grandeur, les dieux qu’ils ont en eux. » Il s’agit de rendre hommage à chaque personne, rendre hommage également au savoir-faire traditionnel français et contribuer ainsi à sa préservation. Chaque portrait, reproduit grâce à une gravure sur bois, est imprimé à l’aide d’une presse à rouleau du 18ème siècle. Ce choix présuppose certaines valeurs, parle d’éthique, d’écoute, de transmission et d’écologie, et contribue à la durabilité, « un art de vivre nécessitant de l’ingéniosité et de l’habileté ».

Le 4ème pilier de l’ikigai évoque la joie des petites choses. Mogi raconte l’itinéraire de Jiro considéré comme un des meilleurs cuisiniers de sushis au monde, il a accueilli Obama en 2014. Il précise « L’ikigai réside dans le royaume des petites choses, l’air du matin, la tasse de café, le rayon de soleil, le massage de la chair d’un poulpe et le compliment du président américain sont sur un pied d’égalité. Seuls ceux capables de reconnaître la richesse de ce spectre complet peuvent vraiment le comprendre et l’apprécier. » L’atelier de Jika se situe dans la montagne corse au dessus d’Ajaccio, un de ses endroits préférés dans le monde est le Cap Corse, endroit magique et sauvage, théâtre perpétuel du déroulement de petites choses.


Développer son sens de l’ikigai...

....c'est faire un état des lieux de la façon dont nous voyons et vivons notre vie. Les questions suivantes sont les premières auxquelles il est utile de répondre initier cette recherche.

  1. Qu’est ce qui dans votre quotidien rend votre vie digne d’être vécue ? Qu’est ce qui lui donne de la valeur ?

  2. Quelles sont les petites choses qui vous procurent du plaisir ? Pour lesquelles vous vous sentez reconnaissant ?

  3. A quoi œuvrez-vous ? Quels sont vos objectifs à court, moyen ou long terme ?

  4. En considérant le principe d’écologie dont nous sommes tous familiers pour l’environnement, comment l’appliquez vous dans votre relation à vous-même ? Aux individus faisant partie de votre système personnel voire professionnel ?

  5. Comment êtes-vous présent au temps présent ? Qu’est ce qui vous empêche d’être vraiment présent ?


Nos croisières sur l’ikigai peuvent à votre demande donner lieu à cette exploration. Contactez nous : www.sailingikigai.com

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